MOPAL : les discussions initiées par l’international n’ont jamais accouché des résultats escomptés

Published On December 6, 2023 | By Charité Thélot | Nouvelles

Concitoyennes, concitoyens, filles et fils de la première République noire indépendante du monde, notre pays vit le pire moment de son histoire de peuple et cette situation résulte en grande partie de mauvais choix politiques, qui sont contraires à la bonne gouvernance. En conséquence, c’est la banalisation des acquis démocratiques.

La santé de la démocratie se mesure dans la possibilité offerte à la population pour exprimer sa volonté à travers des élections en vue de renouveler le personnel politique. Le Mouvman Patriyotik Pou Lavi (MOPAL) constate depuis des années, la communauté internationale soutient souvent des gouvernements qui ne reflètent pas les aspirations de la population haïtienne.

Durant les quatorze (14) dernières années, une seule joute électorale a été réalisée dans le pays, celle qui a eu lieu sous la présidence provisoire de Monsieur Jocelerme Privert en 2016. En dépit de la présence du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) dont le mandat consistait à organiser la vie politique et renforcer les institutions démocratiques, les dissensions politiques sont plus remarquées et le pouvoir personnel se renforce davantage. Ce qui entraine l’effondrement des institutions démocratiques, la dislocation de l’appareil judiciaire, la gangstérisation du pays, le chômage, la cherté de la vie, la corruption et l’affaiblissement de l’État.

Dans cette atmosphère sociologique et économique délétère, le devoir Patriotique interpelle tous les acteurs politiques et ceux de la société civile à assumer leurs responsabilités afin d’éviter au peuple haïtien de répéter les mêmes erreurs.

La leçon à tirer est que depuis quatre décennies environ, la présence de la communauté internationale dans le pays est plus qu’imposante et l’ingérence des Nations Unies à travers ses différentes missions est sans nul doute l’un des facteurs qui a envenimé la crise. Des missions des Nations Unies telles que MINUHA, MINUSTAH, MINUJUST et BINUH avaient eu comme responsabilité d’aider à protéger et à soutenir la démocratie en Haïti. Mais ces démarches n’ont donné aucun résultat. Donc, l’échec de l’ONU en Haïti est criant et catastrophique.

Le peuple Haïtien dans toutes ses composantes, est impatient de voir un changement réel de sa situation. Contre la volonté du peuple, la communauté internationale se donne l’autorité de choisir à elle seule ses acteurs pour participer aux négociations visant une sortie de crise.

Pourtant, les expériences passées ont prouvé qu’aucune démarche de sortie de crise menée par la communauté internationale n’a donné les résultats escomptés. Peuvent en témoigner l’accord pour une sortie de crise durable communément appelée « accord el rancho » sous la présidence de Monsieur Michel Joseph Martelly en décembre 2014, l’accord du 11 septembre 2021 et l’accord du 21 décembre 2022. Ce qui présume que les visites des émissaires de la CARICOM dans le pays, de juillet 2023 à décembre 2023 promouvant l’accord de Jonathan Powell pourraient essuyer les mêmes échecs.

Car, pour perdurer la crise, la communauté internationale a choisi délibérément d’écarter des pourparlers des acteurs majeurs de la vie sociale, politique et économique.

Fort de ces constats, le Mouvman Patriyotik Pou Lavi (MOPAL)croit que le moment est venu pour que les forces progressistes se rallient autour d’une table juste pour rapatrier le dossier haïtien. Lors même que Haïti ne pourrait évoluer en autarcie ni s’écarter du concert des Nations pour ne se conformer aux règles et normes régissant les relations internationales. Cependant, les forces progressistes doivent signifier à la communauté internationale ses échecs cumulés dans la crise haïtienne et lui faire comprendre qu’il revient aux acteurs haïtiens guidés par l’amour de la patrie de trouver une sortie de crise viable et durable. C’est la condition indispensable à la création d’un climat stable et serein pour la réalisation de véritables élections libres, inclusives, honnêtes et participatives pour avoir des élus choisis par le peuple.

Pour le conseil exécutif :

Ex-député, Ulrick St. Cyr, président

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