Mort de George Floyd à Minneapolis : un policier inculpé d’homicide involontaire

Published On May 30, 2020 | By Charité Thélot | Nouvelles

Aux États-Unis, le policier mis en cause dans la mort de George Floyd a été inculpé d’homicide involontaire, a annoncé vendredi le procureur en charge de l’affaire. Un couvre-feu a été décrété à Minneapolis après une troisième nuit d’émeutes faisant suite au décès de l’Afro-Américain de 46 ans lors d’une interpellation musclée.

Quatre jours après la mort de George Floyd aux mains de la police, l’officier mis en cause lors de l’interpellation musclée a été arrêté puis inculpé d’homicide involontaire, a annoncé vendredi 29 mai le procureur en charge de l’affaire.

“Le policier impliqué dans la mort de M. Floyd, qui a été identifié comme Derek Chauvin, a été placé en détention” par la police criminelle, avait déclaré plus tôt le commissaire John Harrington, du département de la Sécurité civile du Minnesota.

Des milliers de personnes réclament justice après la mort de cet Afro-Américain de 46 ans qui semble, selon une vidéo devenue virale, avoir été asphyxié lundi soir par un policier. Filmée et postée sur les réseaux sociaux par un témoin, l’interpellation musclée de George Floyd a suscité des manifestations dans tout le pays.

Les quatre agents impliqués dans le drame ont été licenciés mais un seul d’entre eux a été arreté à ce jour. Des enquêtes fédérales et locales sont en cours pour établir la responsabilité de ses trois collègues.

L’ancien président des États-Unis Barack Obama a, pour sa part, affirmé partager la “même détresse” que des “millions d’autres” face à une situation qui “ne peut pas être normale”.

“Les gens sont en colère car ce n’est pas la première fois que la police tue dans ce pays”, a déclaré pour sa part le révérend Al Sharpton sur la chaîne MSNBC vendredi matin.

“Je vous implore de rester calme et de nous laisser mener notre enquête”, a rétorqué la procureure fédérale Erica MacDonald lors d’une conférence de presse.

Une colère qui monte

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les manifestations ont tourné à l’émeute aux abords du commissariat où travaillaient les quatre hommes. Confrontées à l’avancée des manifestants, les forces de l’ordre avaient abandonné les lieux vers 22 h. Certains protestataires ont alors réussi à forcer les barrières de sécurité, à briser les vitres et à mettre le feu au bâtiment.

Plusieurs boutiques des alentours ont connu un sort comparable et les violences ont également gagné certains quartiers de la ville voisine de Saint-Louis, avec des heurts sporadiques entre policiers et habitants.

Au petit matin, de la fumée continuait de s’élever en plusieurs points de la ville, où soldats et policiers antiémeute patrouillaient dans un climat tendu.

Une équipe de journalistes de CNN, qui couvrait la scène, a été arrêtée en direct par des policiers, et relâchée après deux heures. Le gouverneur Tim Walz a présenté “ses plates excuses” à la chaîne d’informations. “Ces gens sont à cran”, a simplement commenté le journaliste Omar Jimenez.

La colère commence à gagner d’autres villes américaines. Des manifestants ont bloqué une autoroute à Denver, d’autres ont défié les ordres de confinement à New York ou Chicago. À Louisville, dans le Kentucky, des affrontements ont eu lieu alors que des habitants demandaient justice pour Breonna Taylor, une femme noire tuée par la police dans son appartement en mars.

L’émotion dépasse les frontières américaines. La haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a dénoncé jeudi la “longue série de meurtres d’Afro-Américains non armés commis par des policiers américains” et appelé les autorités à prendre “des mesures”.

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a quant à lui estimé que les citoyens de son pays suivaient la situation avec “stupéfaction et horreur”.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a critiqué dans un tweet nocturne “l’approche raciste et fasciste qui a conduit à la mort de George Floyd”.

Celui-ci a été arrêté par la police parce qu’elle croyait qu’il voulait écouler un faux billet de 20 dollars. Lors de l’intervention, George Floyd a été plaqué au sol par un agent qui a maintenu son genou sur son cou pendant de longues minutes. “Je ne peux plus respirer”, l’entend-on dire sur l’enregistrement de la scène.

L’affaire rappelle notamment la mort d’Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs. Lui aussi avait dit “Je ne peux pas respirer”, une phrase devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter (“La vie des Noirs compte”).

Avec AFP

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