Jovenel Moise déclare à AP prêt à « écourter son mandat et à accepter de diriger avec un PM de l’opposition » si et seulement si…

Published On February 8, 2020 | By Charité Thélot | Nouvelles

Au jour du 3ème anniversaire de son intronisation au siège de la présidence, à l’issue d’élections au résultat contesté qui serait programmé à l’avance, au lieu de faire une adresse télévisée à la Nation, pour marquer cette importante date du 7 février dans l’histoire des haitiens toujours en quête de liberté avec un refus formel de vivre sous le joug d’une dictature, Jovenel Moise, dans un entretien accordé avec AP (Associated Press) et dans une vaine tentative de vendre sa politique virtuelle de collaborer avec l’opposition, pour la consommation de l’international, s’est lancé dans des élucubrations visant à accuser tout le monde des péchés de chacun.

La question que le président Jovenel Moise devait se poser reste à savoir « Quel homme honnête, intègre et compétent accepterait-il de former un gouvernement avec lui quand Transparency International révèle qu’il est à la tête du pays dont les indices de corruption sont les plus élevés des Caraïbes?«

Samedi 8 février 2020 ((rezonodwes.com))–Sans être en mesure de communiquer une nouvelle date pour la reprise du dialogue, depuis le cuisant échec des négociations à la Nonciature apostolique – Vatican – en vue de parvenir en 3 jours à la résurrection de la virginité politique perdue du président Jovenel Moise, celui-ci, dans son coutumier mea-culpa, a déclaré à AP que « ses efforts pour améliorer les conditions de vie des 11 millions d’Haïtiens avaient été contrecarrés au cours de ses trois premières années au pouvoir » précisant que des « exigences constitutionnelles » sont à la base de ces contraintes.

Jovenel Moise qui ne jure que par l’amendement de la Constitution de 1987 pour l’installation d’une présidence très forte, frôlant avec le totalitarisme comme au temps de Papa Doc qui s’était fait proclamer président à vie avec le droit de désigner son successeur – Baby Doc -, avait pourtant la 50ème législature acquise aveuglement la cause du régime PHTK-Tèt kalé, pour exécuter toutes les réformes nécessaires, utiles et agréables voulues conformément à la Constitution.

Dans cet entretien donné à l’agence de presse Associated Press, Moise a déclaré qu’il « accepterait un Premier ministre de l’opposition et de raccourcir son mandat, mais seulement après l’adoption d’une réforme constitutionnelle renforçant la présidence« . Tout compte fait, selon un militant joint au téléphone par Rezo Nòdwès, le président veut faire passer le temps à ne parler que d’interminable « dialogue » pour le partage de « ti rès’la » alors que le pays continue de languir dans la misère abjecte, la corruption, l’insécurité, le chômage… Il ajouté qu’ « aucun citoyen sérieux n’est prêt à salir sa réputation en participant à un Conseil des ministres présidé par Jovenel Moise, un corrompu et usurpateur de titre« .

Jovenel Moise qui n’a jamais opiné depuis le début de l’année sur les rapports Petro Caribe et Transparency International, très pris en considération par des militants luttant contre la corruption et la criminalité, a laissé éclater son « optimisme » sur la formation d’un futur gouvernement avec une coalition de ses opposants politiques, sans toutefois annoncer une date de reprise des pourparlers échoués à la Nonciature.

« Je suis optimiste que les négociations avec une coalition d’opposants politiques réussiront à forger un accord de partage du pouvoir pour mettre fin à des mois d’impasse qui ont laissé Haïti sans gouvernement opérationnel« , a indiqué Jovenel Moise qui, malgré tout, a fait d’innombrables nominations dans l’administration publique et a pris des engagements sur la scène internationale, notamment, dans la crise traversant le Venezuela.

Pour la consommation de la communauté internationale et comme pour prouver sa bonne volonté et pour ne pas continuer à accuser tout le monde des péchés de chacun, le président se déclare prêt à collaborer avec l’opposition, une déclaration qui contraste avec les points de vue officiels avancés publiquement par l’un de ses collaborateurs immédiats, Guichard Doré.

«La constitution de 1987 a enlevé tout pouvoir aux mains du président. Le président n’a aucun pouvoir et le peuple exige tout du président de la République », a souligné Moise à AP tout en souhaitant qu’à travers cette nouvelle charte fondamentale, les propositions de loi présidentielles passeraient automatiquement si l’Assemblée nationale ne les votait pas pour ou contre dans les 60 jours qui suivent leur déposition au bureau du secrétariat des deux chambres.

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