15 Haïtiens périssent au large des îles Turks and Caïcos

Published On April 2, 2019 | By Charité Thélot | Nouvelles

suite à un naufrage dans les eaux des îles Turks and Caicos, infestées de requins, a fait savoir la police royale, citée par le journal américain Miami Herald.

Lundi matin de très tôt, un tweet de l’ambassade américaine en Haïti a annoncé que les gardes-côtes américains mettaient un terme à l’assistance qu’ils fournissaient à la police locale des îles Turks and Caicos suite au naufrage, réduisant à néant le mince espoir de repêcher d’éventuels survivants.

Si le nombre total de personnes, qui se trouvaient à bord de l’embarcation au moment du drame, reste indéterminé, le bilan officiel communiqué par les gardes-côtes américains sur Twitter fait état de 14 survivants, 15 morts et 4 portés disparus.

Selon des informations rendues publiques par la branche marine de la police royale des îles Turks and Caicos, le bateau hors-bord bimoteur tentait de faire entrer clandestinement les migrants haïtiens sur ce territoire britannique d’outre-mer lorsqu’il a chaviré et coulé au large de l’île inhabitée de West Caicos, dans des eaux infestées de requins.

«C’est une perte tragique en vies humaines. Nous offrons nos condoléances et nos sympathies aux familles des personnes touchées par ce terrible incident. Aucun voyage ne vaut la peine de risquer la vie sur les mers dangereuses sur ces petits navires », a déclaré le commissaire de police par intérim des îles Turks and Caicos, Trevor Botting, soulignant avoir utilisé toutes les ressources mises à sa disposition, avec le soutien d’autres services de secours, en l’occurrence les gardes-côtes américains, en quête d’éventuels rescapés.

« C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de 15 réfugiés haïtiens après le chavirement d’un petit bateau surchargé au large de l’île inhabitée de West Caicos dans des eaux infestées de requins. Il est déchirant de voir que nos frères et sœurs continuent de risquer leurs vies dans des embarcations branlantes pour tenter d’échapper à la violence et à la pauvreté en Haïti. En désespoir de cause et sans espoir, ils mettent souvent leur vie entre les mains de passeurs sans cœur dont le but est de gagner de l’argent sans se soucier du caractère sacré des vies humaines », a posté, sur son site Web, l’association FANM (Fanm Ayisyèn nan Miyami) tout en exhortant l’État d’Haïti à assumer ses responsabilités vis-à-vis de ses citoyens afin d’élaborer une stratégie visant à réduire la violence et à créer des possibilités en Haïti pour prévenir de futures pertes en vies humaines.

«En tant que mère, je ne peux imaginer ce que vivent actuellement leurs familles. Je me joins à la diaspora haïtienne dans le monde entier pour exprimer nos plus sincères condoléances aux familles de nos courageux frères et sœurs. Personne ne mérite une fin aussi cruelle. La vie est trop précieuse. Essayons de créer une Haïti prospère où ses citoyens pourront se sentir en sécurité pour élever leur progéniture dans le respect et la dignité », a déclaré Marleine Bastien, directrice exécutive du mouvement des réseaux d’action familiale (FANM).

En février dernier, au moins 28 migrants haïtiens se sont noyés dans les eaux au large de l’île d’Abaco, dans le Nord des Bahamas, et 17 survivants ont été sauvés, puis placés en garde à vue suite à cette tragédie en mer, a rappelé le Miami Herald.

Jusqu’au moment de mettre sous presse, les autorités haïtiennes se sont murées dans un silence assourdissant après ce nouveau drame.

Les îles Turks and Caicos forment un archipel de 497 km² dans la mer des Caraïbes, situé au Sud des Bahamas, au Nord d’Haïti et de la République dominicaine et à l’est de Cuba. Elles ont le statut de territoire britannique d’outre-mer, c’est-à-dire une colonie qui jouit d’une certaine indépendance. Le territoire est formé d’une trentaine d’îles situées au Nord de l’île d’Haïti (Haïti et République dominicaine). La principale ville, l’île de Providenciales, est située à l’Ouest de l’archipel alors que la capitale, Cockburn Town, est située à l’extrême Est.

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